Contractuel de la fonction publique : CDD, CDI, droits et fin de contrat
Guide | Publié le 30 octobre 2026

Un contractuel de la fonction publique territoriale peut obtenir un CDI après six années de services sur un emploi permanent, en application de la loi Sauvadet. Cet article détaille les contrats qui comptent dans ce calcul, le préavis à respecter et les droits à la fin d'un contrat.
À retenir
- Un agent contractuel qui occupe un emploi permanent peut bénéficier d'un CDI au bout de six années de services auprès du même employeur, selon l'article 3-4 de la loi de 1984 sur la fonction publique territoriale
- Les contrats comptabilisés sont ceux conclus sur le fondement des articles 3 à 3-3 de cette loi, y compris les périodes de mise à disposition par un centre de gestion
- Les contrats aidés, contrats de droit privé, ne sont jamais pris en compte dans ce calcul des six ans
- La durée du préavis dépend de l'ancienneté et des textes réglementaires propres au versant et au contrat, et doit être vérifiée au cas par cas
- La rémunération d'un contractuel en CDI dans la fonction publique territoriale et hospitalière est réévaluée au moins tous les trois ans
Un agent contractuel qui occupe de manière permanente un emploi permanent peut obtenir un contrat à durée indéterminée au bout de six années de services effectués auprès du même employeur public, selon l'article 3-4 de la loi du 26 janvier 1984 portant statut de la fonction publique territoriale, tel que modifié par la loi Sauvadet du 12 mars 2012. Ce passage n'est pas automatique dès la signature d'un premier contrat : il dépend du type de contrat, de la continuité des services et de l'emploi occupé.
Cet article explique la règle exacte des six ans, les contrats qui comptent et ceux qui sont exclus du calcul, la durée de préavis à respecter en fin de contrat, et les droits d'un contractuel qui quitte son poste, y compris la question de l'indemnisation chômage. L'angle retenu est celui du versant territorial, où la règle est la plus précisément fixée par les textes, avec des points de vigilance pour les autres versants.
Contractuel de la fonction publique : définition
Un agent contractuel, aussi appelé agent non titulaire, est une personne recrutée par une administration sans avoir réussi de concours de la fonction publique et sans détenir le statut de fonctionnaire. Il occupe néanmoins un emploi public, dans l'une des trois fonctions publiques : d'État (FPE), territoriale (FPT) ou hospitalière (FPH). Son recrutement repose sur un contrat de droit public, encadré par le code général de la fonction publique (CGFP), en vigueur depuis le 1er mars 2022, qui a recodifié l'ensemble des règles statutaires des trois versants.
Un contractuel peut être recruté pour occuper un emploi permanent (lorsqu'aucun fonctionnaire n'est disponible ou qu'il n'existe pas de cadre d'emplois correspondant) ou un emploi non permanent (remplacement d'un agent absent, accroissement temporaire ou saisonnier d'activité, vacance temporaire d'emploi). Cette distinction est essentielle car elle conditionne directement l'accès à un CDI : seuls certains motifs de recrutement permettent, à terme, de prétendre à un contrat à durée indéterminée.
CDD ou CDI : quelle différence pour un contractuel public ?
Comme dans le secteur privé, le CDD est un contrat limité dans le temps, renouvelable, tandis que le CDI n'a pas de terme fixé à l'avance. Mais contrairement au secteur privé, le passage au CDI dans la fonction publique n'est pas une simple question de nombre de renouvellements : il obéit à des conditions précises, fixées par la loi, qui varient selon le motif initial de recrutement et selon le versant.
Dans la fonction publique territoriale, la règle de référence reste celle de l'article 3-4 de la loi du 26 janvier 1984, issue de la loi Sauvadet du 12 mars 2012, qui a entièrement revu les conditions de passage d'un CDD à un CDI. C'est cette règle, documentée par une question écrite à l'Assemblée nationale sur l'accès au CDI dans la FPT, qui constitue le socle de cet article.
La règle des six ans de services pour obtenir un CDI
Un agent contractuel qui occupe de manière permanente un emploi permanent, sur le fondement de l'article 3-3 de la loi de 1984, peut bénéficier d'un CDI au bout de six années de services. Cette durée s'apprécie auprès de la même collectivité ou du même établissement public, et non auprès de plusieurs employeurs différents.
Pour apprécier ces six années, l'administration comptabilise l'ensemble des services effectués sur le fondement des articles 3 à 3-3 de la loi statutaire territoriale. Cela inclut, selon la réponse ministérielle publiée sur le site de l'Assemblée nationale :
- les contrats conclus pour faire face à un accroissement temporaire ou saisonnier d'activité ;
- les contrats de remplacement d'un fonctionnaire momentanément indisponible ;
- les contrats destinés à pourvoir une vacance temporaire d'emploi, en attendant le recrutement d'un fonctionnaire ;
- les contrats sur des emplois permanents lorsqu'il n'existe pas de cadre d'emplois de fonctionnaires correspondant, ou, pour les emplois de catégorie A, sous réserve qu'aucun fonctionnaire n'ait pu être recruté ;
- les contrats sur certains emplois des plus petites collectivités.
L'article 3-4 précise également que les services accomplis dans la même collectivité par mise à disposition d'un centre de gestion (CDG) sont pris en compte dans ce calcul. À l'inverse, les services accomplis dans le cadre d'un contrat aidé ne comptent jamais : ces contrats relèvent du droit privé et visent l'insertion de personnes éloignées de l'emploi, pas l'occupation d'un emploi permanent de la collectivité.
Quels contrats ne comptent pas dans les six ans
Un contractuel qui additionne plusieurs expériences doit vérifier précisément la nature de chaque contrat avant d'en déduire un droit automatique au CDI. Le tableau ci-dessous reprend, à partir de la réponse ministérielle citée plus haut, ce qui est pris en compte et ce qui ne l'est pas.
| Type de service | Compté dans les six ans ? | Source |
|---|---|---|
| Accroissement temporaire ou saisonnier d'activité (art. 3) | Oui | Réponse ministérielle, Assemblée nationale |
| Remplacement d'un fonctionnaire momentanément indisponible | Oui | Réponse ministérielle, Assemblée nationale |
| Vacance temporaire d'emploi dans l'attente d'un fonctionnaire | Oui | Réponse ministérielle, Assemblée nationale |
| Emploi permanent sans cadre d'emplois correspondant, ou catégorie A sans fonctionnaire disponible | Oui | Réponse ministérielle, Assemblée nationale |
| Mise à disposition par un centre de gestion, dans la même collectivité | Oui | Article 3-4 de la loi de 1984, cité par la réponse ministérielle |
| Contrat aidé (contrat de droit privé) | Non | Réponse ministérielle, Assemblée nationale |
Cette distinction explique une bonne partie des litiges constatés sur le terrain : un contractuel qui a enchaîné un contrat aidé puis des contrats sur emploi permanent peut avoir l'impression d'avoir dépassé les six ans, alors que seule la seconde période est retenue par l'administration.
Et dans la fonction publique d'État et hospitalière ?
La règle documentée ci-dessus concerne spécifiquement la fonction publique territoriale, dont le mécanisme de CDIsation a été précisé par la loi Sauvadet et détaillé par une réponse ministérielle publiée sur le site de l'Assemblée nationale. Les fonctions publiques d'État et hospitalière disposent de dispositifs de CDIsation construits sur une logique proche, mais les conditions précises d'éligibilité doivent être vérifiées auprès du service des ressources humaines de l'employeur ou dans les textes réglementaires propres à chaque versant, car le code général de la fonction publique renvoie, selon les cas, à des décrets d'application distincts.
Les modalités de rémunération d'un contractuel en CDI, en revanche, obéissent à une règle commune aux versants territorial et hospitalier, détaillée plus loin dans cet article.
Préavis d'un contractuel : ce qu'il faut vérifier
La durée du préavis à respecter, qu'il s'agisse d'une démission ou d'une fin de contrat à l'initiative de l'employeur, dépend de l'ancienneté de l'agent et des textes réglementaires applicables à son contrat et à son versant. Il n'existe pas de durée unique valable pour tous les contractuels : un agent en CDD depuis quelques mois et un agent en CDI depuis plusieurs années ne relèvent pas du même préavis.
Avant toute démarche, un contractuel a intérêt à relire les clauses de son contrat, qui doivent mentionner les conditions de rupture, et à se rapprocher de son service des ressources humaines ou du centre de gestion dont dépend sa collectivité pour la fonction publique territoriale. La procédure et les délais de démission d'un agent titulaire, bien que distincts, donnent un repère utile sur la logique générale de préavis applicable dans la fonction publique, détaillée dans notre article sur la démission d'un fonctionnaire titulaire et son préavis.
Fin de contrat et droit au chômage pour un contractuel
Un agent contractuel de la fonction publique relève, comme un salarié de droit privé, du régime d'assurance chômage lorsqu'il perd involontairement son emploi, par exemple en fin de CDD non renouvelé ou en cas de licenciement. Les démarches passent par France Travail, qui instruit la demande d'allocation sur la base de l'attestation employeur délivrée par l'administration.
Les règles précises de calcul de la durée et du montant de l'indemnisation relèvent de la réglementation de l'assurance chômage, propre à chaque situation individuelle (durée de cotisation, salaire de référence, motif de fin de contrat). Elles ne figurent pas dans les textes statutaires de la fonction publique cités dans cet article, et doivent être vérifiées directement auprès de France Travail au moment de la fin de contrat, plutôt que déduites par analogie avec le secteur privé.
Ce qui est certain, en revanche, c'est que la nature du contrat (CDD ou CDI) et le motif de la rupture conditionnent l'ouverture du droit : une démission volontaire n'ouvre en principe pas droit à l'allocation, tandis qu'une fin de CDD à l'initiative de l'employeur ou un licenciement y ouvre droit, sous réserve des conditions d'affiliation vérifiées par France Travail.
Un contractuel en CDI peut-il cumuler une autre activité ?
Les règles de cumul d'activités s'appliquent de la même façon aux fonctionnaires et aux contractuels, qu'ils soient en CDD ou en CDI. Selon la fiche Service-Public.fr consacrée au cumul d'emplois, un agent public consacre en principe l'intégralité de son activité professionnelle à ses fonctions, mais certaines activités peuvent être exercées librement (activités bénévoles, artistiques ou de création, par exemple), d'autres nécessitent une autorisation préalable de l'administration employeur, et la création ou la reprise d'une entreprise obéit à des conditions spécifiques, avec passage à temps partiel obligatoire.
Un contractuel qui envisage une activité accessoire ou un projet entrepreneurial doit donc suivre la même procédure qu'un titulaire : demande écrite avant de commencer, examen par l'autorité hiérarchique, et, en cas de doute sérieux sur la compatibilité avec ses fonctions, saisine du référent déontologue puis, le cas échéant, de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique. Les règles détaillées de ce cumul sont présentées dans notre article consacré au cumul d'activités pour un fonctionnaire territorial, applicable dans une large mesure aux contractuels.
Contractuel en CDI et titularisation : deux statuts distincts
Obtenir un CDI ne transforme pas un contractuel en fonctionnaire. Le CDI reste un contrat de droit public, sans accès automatique au corps ou au cadre d'emplois de fonctionnaires correspondant, sans grille d'avancement d'échelon identique à celle d'un titulaire, et sans les mêmes garanties statutaires. Un contractuel en CDI qui souhaite devenir fonctionnaire doit, en principe, réussir un concours (externe, interne ou troisième concours selon son profil) ou, dans certains cas prévus par les textes, bénéficier d'un dispositif de titularisation spécifique.
La situation d'un contractuel diffère également de celle d'un fonctionnaire stagiaire, période probatoire qui suit la réussite d'un concours et précède la titularisation : la logique, les droits et les possibilités de rupture ne sont pas les mêmes, comme le détaille notre article sur le statut de fonctionnaire stagiaire. Pour un contractuel qui vise une carrière de titulaire, le passage par un concours reste la voie de référence, décrite sur le portail de la fonction publique consacré aux modalités d'accès aux trois versants.
Rémunération d'un contractuel en CDI
La rémunération d'un contractuel n'est pas fixée sur une grille indiciaire identique à celle d'un fonctionnaire, mais elle est encadrée par le contrat et, pour les CDI dans la fonction publique territoriale et hospitalière, par une obligation de réévaluation au moins tous les trois ans, selon la fiche Service-Public.fr sur le traitement indiciaire. Cette obligation de réévaluation constitue une garantie minimale : elle n'impose pas un montant précis, mais elle empêche un employeur de maintenir indéfiniment la même rémunération contractuelle sans réexamen.
Un contractuel qui a des charges de famille peut par ailleurs percevoir le supplément familial de traitement (SFT), au même titre qu'un fonctionnaire, dès que les conditions sont remplies, selon la fiche Service-Public.fr dédiée. Le versement débute le premier jour du mois civil suivant celui où les conditions sont réunies et cesse le premier jour du mois où elles ne le sont plus.
Repères sourcés sur le CDI des contractuels
- Durée pour obtenir un CDI en FPT
- Six années de services sur un emploi permanent
- Texte de référence
- Article 3-4 de la loi du 26 janvier 1984, loi Sauvadet du 12 mars 2012
- Services exclus du calcul
- Contrats aidés (droit privé)
- Services inclus
- Mise à disposition par un centre de gestion, dans la même collectivité
- Réévaluation de la rémunération en CDI (FPT, FPH)
- Au moins tous les trois ans
- Code de référence pour les trois versants
- Code général de la fonction publique, en vigueur depuis le 1er mars 2022
Vigilance avant de revendiquer un CDI
Ne cumulez pas, de votre propre calcul, des périodes de contrat aidé avec des périodes sur emploi permanent : seules les secondes comptent pour les six ans. Vérifiez aussi que vos contrats ont bien été conclus auprès de la même collectivité ou du même établissement public, car un changement d'employeur en cours de carrière remet en cause la continuité du décompte. Enfin, ne confondez pas l'obtention d'un CDI avec une titularisation : le CDI ne donne pas accès au statut de fonctionnaire, ni à ses garanties, ni à sa grille d'avancement.
Vos questions sur le contractuel en CDI
C'est un agent public recruté sans concours, par contrat de droit public, pour occuper un emploi dans l'une des trois fonctions publiques (État, territoriale ou hospitalière), encadré par le code général de la fonction publique en vigueur depuis le 1er mars 2022.
Dans la fonction publique territoriale, un agent contractuel qui occupe de manière permanente un emploi permanent peut bénéficier d'un CDI au bout de six années de services auprès du même employeur, selon l'article 3-4 de la loi du 26 janvier 1984.
Non. Les services accomplis sur la base d'un contrat aidé, qui relève du droit privé et vise l'insertion professionnelle, ne sont pas pris en compte dans le calcul des six années.
Elle dépend de l'ancienneté et des textes réglementaires applicables au contrat et au versant concerné. Il n'existe pas de durée unique : consultez votre contrat et votre service des ressources humaines avant toute démarche.
Un contractuel qui perd involontairement son emploi, par exemple en fin de CDD non renouvelé, peut demander une allocation chômage auprès de France Travail, qui instruit sa demande sur la base de l'attestation employeur et des conditions d'affiliation.
Non. Le CDI reste un contrat de droit public, sans accès automatique au statut de fonctionnaire, à son corps ou cadre d'emplois, ni à sa grille d'avancement. Devenir fonctionnaire suppose, en principe, de réussir un concours.
La règle des six ans paraît simple sur le papier, mais sa mise en œuvre dépend presque toujours du détail des contrats successifs d'un agent, de leur fondement juridique et de la continuité du lien avec le même employeur. Un contractuel qui s'interroge sur son éligibilité au CDI a tout intérêt à demander à son service des ressources humaines un récapitulatif écrit de ses contrats, plutôt que de se fier à un calcul approximatif de sa propre ancienneté.
Sources officielles citées
- Accès au CDI au sein de la fonction publique territoriale, Assemblée nationale
- Code général de la fonction publique, Légifrance
- Comment intégrer la fonction publique ?, Portail de la fonction publique
- Un agent public peut-il cumuler son emploi avec une activité privée ?, Service-Public.fr
- Traitement d'un fonctionnaire : fiche F461, Service-Public.fr
- Supplément familial de traitement, Service-Public.fr
Marion Castaignède, rédactrice en chef
Ancienne agente administrative passée par un concours de catégorie A puis dix ans de gestion des carrières, elle explique sans jargon les règles des concours, des statuts et du cumul d'activités.

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