Disponibilité pour créer une entreprise FPT : durée, avancement, réintégration

Guide | Publié le 22 octobre 2026

La disponibilité pour créer une entreprise permet à un fonctionnaire territorial de cesser temporairement ses fonctions, sans rémunération, pour se consacrer à son projet. Cet article détaille son régime, ses différences avec la disponibilité pour convenances personnelles et les règles de réintégration.

À retenir

  • La disponibilité pour créer une entreprise suppose une cessation totale d'activité auprès de la collectivité, à la différence du temps partiel pour création qui maintient l'agent en poste
  • Pendant une disponibilité avec activité professionnelle, les droits à avancement ne sont conservés que si l'activité indépendante procure un revenu brut annuel au moins égal à 7 212 euros
  • La disponibilité pour convenances personnelles et celle liée à un projet d'entreprise relèvent d'un régime sous réserve des nécessités de service, distinct des disponibilités de droit pour enfant, soins ou conjoint
  • Refuser successivement trois propositions de poste à la réintégration peut conduire au licenciement après avis de la commission administrative paritaire
  • Pour être considéré comme involontairement privé d'emploi, l'agent doit demander sa réintégration au moins trois mois avant la fin de la disponibilité

Une disponibilité pour créer une entreprise permet à un fonctionnaire territorial de cesser temporairement ses fonctions auprès de sa collectivité, sans rémunération, pour se consacrer entièrement à son projet. Contrairement au temps partiel pour création ou reprise d'entreprise, qui maintient l'agent en poste à mi-temps minimum, la disponibilité rompt le lien d'activité : l'agent reste fonctionnaire mais quitte temporairement son emploi, ce qui change tout pour son salaire, sa protection sociale et son avancement. Pour élargir, voir notre guide pour se préparer aux carrières publiques.

Cet article explique le régime applicable en fonction publique territoriale, la différence entre disponibilité pour créer une entreprise et disponibilité pour convenances personnelles, ce que recouvre réellement l'expression travailler pendant une disponibilité, et la procédure pour mettre fin à une disponibilité et retrouver un poste.

Disponibilité pour créer une entreprise : de quoi parle-t-on exactement

La disponibilité est une position administrative du fonctionnaire titulaire : il cesse d'exercer ses fonctions et de percevoir son traitement, mais conserve son grade et son droit, sous conditions, à être réintégré dans son cadre d'emplois. Le régime général de la disponibilité est posé par le Code général de la fonction publique (CGFP), entré en vigueur le 1er mars 2022, et précisé par la fiche Service-Public F544 consacrée à la disponibilité du fonctionnaire.

Beaucoup d'agents confondent deux dispositifs pourtant très différents. Le premier, décrit dans la fiche Service-Public F1648 sur le cumul d'activités, est le passage à temps partiel pour créer ou reprendre une entreprise : l'agent reste en poste, à temps partiel (mi-temps minimum), avec maintien d'une partie de son traitement et de son lien hiérarchique. Le second est la disponibilité pour créer une entreprise : l'agent quitte totalement son emploi, sans traitement, et doit demander sa réintégration à la fin de la période. Pour un panorama complet des règles de cumul, y compris le temps partiel de création, l'article sur le cumul d'activités du fonctionnaire territorial détaille ce premier régime.

Le choix entre les deux dispositifs dépend de la situation personnelle de l'agent : un projet encore incertain, qui demande du temps pour être testé sans rompre totalement avec la collectivité, s'accommode mieux d'un temps partiel de création. Un projet qui nécessite une disponibilité totale, notamment parce qu'il implique de diriger effectivement l'entreprise à plein temps, relève plutôt de la disponibilité. Dans les deux cas, la déontologie de l'agent reste engagée : l'activité créée ne doit pas compromettre l'indépendance ou la neutralité du service.

Disponibilité pour convenances personnelles et disponibilité liée à un projet d'entreprise

La fiche Service-Public F544 distingue deux grandes familles de disponibilités à la demande du fonctionnaire. D'une part, des disponibilités accordées de droit, que l'administration ne peut pas refuser : c'est le cas, par exemple, de la disponibilité pour élever un enfant de moins de 12 ans, accordée de droit pour trois ans maximum, renouvelable par périodes de trois ans jusqu'aux 12 ans de l'enfant, ou de la disponibilité pour donner des soins à un proche et de celle pour suivre son conjoint, toutes deux accordées pour trois ans maximum, renouvelable par périodes de trois ans.

D'autre part, des disponibilités accordées sous réserve des nécessités de service, c'est-à-dire que l'autorité territoriale peut les refuser ou les différer si l'organisation du service l'exige. La disponibilité pour convenances personnelles et celle liée à la création ou à la poursuite d'une entreprise relèvent de cette seconde catégorie. Concrètement, cela signifie que l'agent qui souhaite créer une entreprise en disponibilité ne dispose pas d'un droit automatique : sa demande est examinée au regard des contraintes d'organisation du service public territorial, et la collectivité peut la différer si son absence pose une difficulté réelle de fonctionnement.

Cette distinction entre disponibilités de droit et disponibilités sous réserve des nécessités de service est l'un des points les plus mal compris dans les demandes d'agents territoriaux, qui pensent parfois obtenir une disponibilité pour créer une entreprise aussi facilement qu'une disponibilité pour élever un enfant. Ce n'est pas le cas : la nature du motif change la marge de manœuvre de l'autorité hiérarchique.

Quelle durée pour une disponibilité liée à un projet d'entreprise en FPT

Les durées précisément chiffrées par la fiche Service-Public F544 concernent les disponibilités de droit déjà citées : trois ans maximum par période pour l'enfant, les soins à un proche ou le suivi du conjoint, renouvelables. Pour les disponibilités accordées sous réserve des nécessités de service, dont relève le projet de création d'entreprise, la durée est fixée au cas par cas par l'autorité territoriale, dans le cadre réglementaire applicable à ce type de disponibilité, et peut faire l'objet d'un renouvellement sur demande.

Dans tous les cas, quelle que soit la disponibilité accordée, l'agent doit justifier à tout moment que sa situation correspond toujours au motif pour lequel elle lui a été accordée. S'il ne crée finalement pas l'entreprise annoncée, ou s'il cesse son activité avant la fin de la période, il doit en informer sa collectivité, qui peut alors modifier la position administrative de l'agent.

Motif de disponibilitéCaractèreDurée maximale par période (fiche Service-Public F544)
Élever un enfant de moins de 12 ansDe droit3 ans, renouvelable jusqu'aux 12 ans de l'enfant
Donner des soins à un procheDe droit3 ans, renouvelable
Suivre son conjointDe droit3 ans, renouvelable
Convenances personnelles ou création d'entrepriseSous réserve des nécessités de serviceDurée fixée par l'autorité territoriale, selon le motif et la réglementation applicable

Travailler pendant une disponibilité : ce que dit la règle

Un fonctionnaire en disponibilité n'est plus rémunéré par sa collectivité employeur, quel que soit le motif de la disponibilité. Il peut en revanche exercer une activité professionnelle, salariée ou indépendante, pendant cette période : c'est précisément l'objet d'une disponibilité pour créer une entreprise, qui vise à permettre à l'agent de consacrer son temps à cette activité.

Le point de vigilance porte sur les droits à avancement. Selon la fiche Service-Public F544, la conservation des droits à avancement pendant une disponibilité au cours de laquelle l'agent exerce une activité professionnelle est soumise à une condition de revenu : l'activité indépendante doit procurer un revenu brut annuel au moins égal à 7 212 euros. En dessous de ce seuil, la période de disponibilité n'ouvre pas les mêmes droits à l'avancement d'échelon et de grade au retour dans le cadre d'emplois d'origine.

Cette règle a une conséquence pratique directe pour un agent qui crée une entreprise : les premiers mois ou la première année d'activité, souvent peu rémunérateurs pour une entreprise qui démarre, peuvent ne pas atteindre ce seuil de revenu. Il est donc utile, avant de choisir la disponibilité plutôt que le temps partiel de création, d'évaluer réalistement le revenu brut annuel attendu de l'activité, et d'anticiper l'effet sur la carrière si ce revenu reste modeste la première année.

Pendant la disponibilité, l'agent qui tombe malade ou attend un enfant conserve, selon la fiche F544, le maintien des indemnités journalières et des remboursements de l'assurance maladie pendant un an. Au-delà de cette durée, l'agent en disponibilité doit s'assurer lui-même de sa couverture sociale, ce qui mérite d'être anticipé avant le départ, notamment auprès d'un expert-comptable ou d'un professionnel du droit pour les questions relevant strictement du statut juridique ou social de l'entreprise elle-même, hors du champ du statut d'agent public.

Les démarches pour demander une disponibilité en vue de créer une entreprise

La demande de disponibilité se fait par écrit auprès de l'autorité territoriale, en précisant le motif invoqué, la date de début envisagée et, s'agissant d'un projet d'entreprise, sa nature. Comme il s'agit d'une disponibilité accordée sous réserve des nécessités de service, la collectivité examine la demande au regard de l'organisation du service, ce qui diffère des disponibilités de droit pour lesquelles l'administration ne peut pas opposer les nécessités de service.

Dans certains cas, notamment lorsque le projet d'entreprise peut interroger l'indépendance ou la neutralité du service, l'autorité territoriale peut solliciter l'avis du référent déontologue avant de statuer, selon la même logique de contrôle déontologique que pour le cumul d'activités ou le temps partiel de création décrit par la fiche F1648. Si l'entreprise envisagée a un lien avec les missions exercées par l'agent, ce point mérite d'être anticipé dans la demande elle-même, pour éviter un refus ou un allongement du délai d'instruction.

Un agent déjà dirigeant d'une entreprise, ou qui le devient en cours de disponibilité, reste par ailleurs soumis à l'obligation de déclaration de sa situation prévue par les règles de cumul d'activités dès qu'il reprend ou envisage de reprendre un poste dans la fonction publique. Pour les obligations qui s'imposent chaque année à un agent gérant effectivement une société, l'article sur le fonctionnaire gérant de société détaille ce point, et celui consacré au fonctionnaire et à la micro-entreprise rappelle les règles spécifiques à ce régime simplifié.

Comment mettre fin à une disponibilité : réintégration et refus de poste

Mettre fin à une disponibilité suppose de demander sa réintégration auprès de la collectivité d'origine, ou, selon les cas, auprès du centre de gestion. Le point le plus important, souvent négligé, concerne le délai de cette demande : pour être considéré comme involontairement privé d'emploi si aucun poste ne lui est proposé, l'agent doit demander sa réintégration au moins trois mois avant la fin de la disponibilité.

À la réintégration, l'administration propose un poste à l'agent. S'il refuse successivement trois propositions de postes, il peut être licencié, après avis de la commission administrative paritaire (CAP). Ce mécanisme, rappelé à la fois par la fiche F544 sur la disponibilité et par la fiche F514 sur le licenciement d'un fonctionnaire, vise à éviter qu'une disponibilité se transforme en absence indéfinie du service sans contrepartie pour la collectivité.

La CAP joue ici un rôle de garantie procédurale : son avis est requis avant toute décision de licenciement pour refus de poste à l'issue d'une disponibilité, ce qui permet à l'agent de faire valoir ses observations avant que la décision ne soit prise. Cette procédure distingue nettement la fin d'une disponibilité d'une simple démission, qui obéit à des règles et à un préavis différents, décrits dans l'article sur la démission du fonctionnaire titulaire.

Si l'entreprise créée pendant la disponibilité se développe au point que l'agent ne souhaite plus réintégrer la fonction publique, la voie de la démission reste ouverte, mais elle suit alors une procédure distincte, avec son propre préavis, et non celle de la réintégration de fin de disponibilité.

Repères chiffrés de la disponibilité

Seuil de revenu pour conserver l'avancement
7 212 € brut annuel minimum (activité indépendante)
Durée des disponibilités de droit (enfant, soins, conjoint)
3 ans maximum par période, renouvelable
Maintien de la protection sociale (maladie, maternité)
1 an maximum
Délai de demande de réintégration
Au moins 3 mois avant la fin de la disponibilité
Refus de postes pouvant conduire au licenciement
3 propositions refusées, après avis de la CAP

Ne pas confondre disponibilité et temps partiel de création

La disponibilité pour créer une entreprise fait sortir l'agent de son emploi, sans traitement et sans garantie de retrouver exactement le même poste. Le temps partiel pour créer ou reprendre une entreprise, lui, maintient l'agent en poste à mi-temps minimum, avec une partie de son traitement et un lien hiérarchique conservé. Avant de choisir, il est utile de vérifier le revenu réellement attendu de l'activité : en dessous de 7 212 € bruts annuels, les droits à avancement ne sont pas conservés pendant la disponibilité, ce qui peut peser lourd pour une entreprise qui démarre lentement.

Erreurs fréquentes à éviter

La première erreur consiste à présenter une demande de disponibilité pour convenances personnelles ou pour création d'entreprise en pensant bénéficier du même caractère de droit que la disponibilité pour élever un enfant. Ce n'est pas le cas : la collectivité peut opposer les nécessités de service.

La seconde erreur, déjà évoquée, consiste à sous-estimer l'impact du seuil de revenu sur l'avancement. Un agent qui prévoit un démarrage d'activité modeste la première année gagne à anticiper, avant son départ en disponibilité, les conséquences de carrière si le revenu brut annuel reste en dessous de 7 212 euros.

La troisième erreur est de ne pas transmettre à temps les pièces justificatives de l'activité exercée pendant la disponibilité. L'administration a besoin de ces éléments, notamment pour apprécier si la condition de revenu est remplie, et un retard dans leur transmission peut retarder le traitement du dossier de réintégration.

La quatrième erreur, plus coûteuse, est d'oublier le délai de trois mois pour demander la réintégration. Un agent qui prévient trop tard risque de ne pas être considéré comme involontairement privé d'emploi si la collectivité ne lui propose aucun poste dans l'immédiat.

Disponibilité ou temps partiel de création : lequel choisir

Le choix dépend avant tout de la nature du projet et du degré d'implication qu'il demande. Un projet qui peut démarrer progressivement, en parallèle de l'activité de l'agent, se prête mieux au temps partiel pour création ou reprise d'entreprise, décrit dans la fiche F1648 : l'agent conserve une partie de son emploi et de son traitement, pour une durée maximale de trois ans à compter de la création ou de la reprise, renouvelable une fois pour un an au maximum.

Un projet qui exige une présence quasi quotidienne de l'agent, ou dont la nature est incompatible avec le maintien d'une activité au sein de la collectivité, relève davantage de la disponibilité. Prenons l'exemple d'un adjoint administratif qui souhaite reprendre un commerce de proximité nécessitant sa présence six jours sur sept : un mi-temps dans la collectivité serait difficilement compatible avec cette charge, ce qui oriente plutôt vers une disponibilité complète.

Dans les deux cas, la décision appartient à l'autorité territoriale, qui peut s'appuyer, en cas de doute sérieux sur la compatibilité du projet avec la neutralité du service, sur l'avis du référent déontologue, selon la même logique de contrôle que pour les autres formes de cumul d'activités décrites sur la rubrique agent public et entreprise du site.

Questions fréquentes sur la disponibilité pour créer une entreprise en FPT

Non. Selon la fiche Service-Public F544, seules certaines disponibilités, comme celle pour élever un enfant de moins de 12 ans, celle pour donner des soins à un proche ou celle pour suivre son conjoint, sont accordées de droit. La disponibilité liée à un projet d'entreprise relève des disponibilités accordées sous réserve des nécessités de service, que l'autorité territoriale peut refuser ou différer.

Les droits à avancement ne sont conservés que si l'activité indépendante procure un revenu brut annuel au moins égal à 7 212 euros, selon la fiche Service-Public F544. En dessous de ce seuil, la période de disponibilité n'ouvre pas les mêmes droits à l'avancement au retour dans le cadre d'emplois.

La disponibilité fait sortir l'agent de son emploi, sans traitement. Le temps partiel pour créer ou reprendre une entreprise, prévu par la fiche Service-Public F1648, maintient l'agent en poste à temps partiel, mi-temps minimum, avec une partie de son traitement et un lien hiérarchique conservé, pour une durée maximale de trois ans renouvelable une fois pour un an.

Selon la fiche Service-Public F544, l'agent qui refuse successivement trois propositions de poste peut être licencié, après avis de la commission administrative paritaire. Pour être considéré comme involontairement privé d'emploi en l'absence de proposition, il doit avoir demandé sa réintégration au moins trois mois avant la fin de la disponibilité.

La fiche Service-Public F544 indique que les indemnités journalières et remboursements de l'assurance maladie sont maintenus pendant un an en cas de maladie ou de maternité pendant une disponibilité. Au-delà de cette durée, il revient à l'agent de vérifier sa couverture sociale, notamment auprès de sa caisse et, pour les questions propres au statut juridique de l'entreprise, auprès d'un professionnel du droit ou d'un expert-comptable.

Cela peut l'être. L'autorité territoriale examine si l'activité envisagée risque de compromettre le fonctionnement normal, l'indépendance ou la neutralité du service, et peut saisir le référent déontologue en cas de doute sérieux, selon la même logique de contrôle déontologique que pour le cumul d'activités décrit par la fiche Service-Public F1648.

La disponibilité pour créer une entreprise reste un outil utile pour un agent territorial dont le projet exige une implication totale, mais elle n'a rien d'automatique et pèse directement sur la carrière si le revenu de la nouvelle activité reste modeste la première année. Avant de choisir entre disponibilité et temps partiel de création, mieux vaut mesurer concrètement le temps que demande le projet, le revenu attendu, et le délai à respecter pour revenir sereinement dans la collectivité le jour venu.

Sources officielles citées

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